Entretien avec un skipper

Publié le par BL

Presque un mois après avoir touché terre, dans quel état d'esprit se trouve François, quel bilan fait-il de sa Transat...

On sait que tu as eu des problèmes matériels de safrans et de quille sur la première étape. A  voir ton classement, on se doute que cela s'est mieux passé sur la seconde, peux-tu nous en dire plus ?
Effectivement, j'ai été très déçu de ma 1ère étape parce mes problèmes de quille ne me permettaient pas de pousser mon bateau à son maximum. Passé 16 noeuds la quille partait en résonnance et risquait de faire exploser le puits de quille. J'ai donc du lever le pied pour ne pas tout démollir. Il y avait encore de la route.
Niveau safrans, j'avais du jeu au niveau du système de relevage des safrans et cela m'empêchait de contrôler le bateau. Qui dit mauvais contrôle dit partir au lof ( quand le bateau décroche c'est-à-dire qu'il se met face au vent d'un seul coup  ) et dit que du matériel tel que le spi, le bout dehors ou plus grave encore le mât, risque de casser.
Je fais quand même 11ème mais les sensations n'étaient vraiment pas au rendez-vous.
Heureusement, le résultat de la 2ème étape correspond bien plus aux objectifs que je m'étais fixés avant le départ.
 A Madère j'ai bien bricolé mes safrans. Cela m'a pris les 10 jours d'escale mais j'ai réussi, j'ai éliminé tout le jeu qu'il y avait à ce niveau. Les problèmes de quille n'ont pas été résolus à l'étape mais ils ne m'ont pas handicapé car nous n'avons pas eu les mêmes conditions que celles rencontrées entre La Rochelle et Funchal.


Quels souvenirs de cette Transat 6.50 garderas-tu en mémoire ?
Le meilleur est forcément lorsque j'ai entendu la "douce" voix du directeur de course annoncer les pointages et que j'étais passé second.
Le pire souvenir, restera la violence des vibrations ressenties lorsque la quille s'est mise à vibrer. Les mouvements que les oscillations ont entraînés sur le bateau donnaient vraiment l'impression que celui-ci aller exploser. Cela m'est arrivé deux fois durant la 1ère étape et vraiment, ça glace tellement le sang qu'il était hors de question que la quille reparte en résonnance une 3ème fois. De plus, au delà des sensations désagréables, si les mouvements de la quille avaient continué à s'amplifier, c'est le puits de quille qui risquait de casser et alors là,...le bateau se rempit d'eau et s'en est fini de la transat.

Des regrets?
Sans hésiter, la première étape. Et en amont de ne pas avoir pu naviguer en entraînement avant course dans les mêmes conditions que celles rencontrées pendant la 1ère étape. Cela m'aurait permis de valider ou non la fiabilité du bateau. Si j'avais pu  ... (soupir) ... Ca aurait été compliqué. Il aurait fallu ressortir le bateau de l'eau, restrater la quille dans l'urgence, à quelques jours du départ. Mais bon..., on l'aurait fait. (soupir). J'aurais pu faire un bien meilleur score sur cette 1ère étape, car ces conditions étaient pour moi. C'est exactement dans ce genre de conditions que j'aime naviguer et que je peux faire la différence avec les autres. Mais bon, avec des "si"...

Et l'arrivée à Bahia ?
C'est toujours un grand moment de toucher terre après une transat. En plus l'accueil était formidable. Il y avait des proches, les 4 autres skippers déjà arrivés, et l'organisation de la course. Je pensais à ma Caïpi bien fraîche depuis quelques jours et je dois dire que l'arrivée dans la baie puis au ponton ont été des moments de pur bonheur.
J'ai également été très ému en lisant le blog. Les articles et les commentaires m'ont beaucoup touché et je tiens à remercier toutes les personnes qui ont suivi la course et qui s'y sont intéressées.

Maintenant que tu es rentré en France et que tu as bien repris tes esprits, comment envisages-tu l'avenir ?
Tout d'abord je voudrais remercier Plan Jardin pour m'avoir soutenu et m'avoir permis de vivre cette belle aventure. J'espère que notre partenariat pourra perdurer dans le temps. Cela pourrait être le début ,ou plutôt le second chapitre d'une belle histoire commencé un 13 septembre 2009 dans le bassin des chalutiers de la Rochelle.
Si je peux choisir, mais tout cela bien sûr sous la condition d'être suivi par un sponsor, j'aimerais me lancer dans le 40 pieds avec pour objectif la route du rhum 2010 et/ou 2014.

 Elle n'a sans doute pas tout à fait le même goût que les autres cette Caïpirinha

Publié dans transat

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lauriane 13/12/2010 20:54


je suis tombée par hasard sur ton livre....et je reflechissais françois cuinet..je ne sais pas si tu te souviens de moi mais je tenais quand meme à te féliciter pour tout ce que tu fais! bonne
continuation. ;)


Simon D 06/12/2009 18:54


Tu as bien raison, le Rhum c'est bien meilleur que la Caïpi ;)


cousin Fred 29/11/2009 20:52


Ce que nous prouve encore François, c'est qu'il ne faut jamais abandonner même si ça fait mal. Je l'imagine bien pendant ces jours à Funchal en train de se bagarrer pour réparer ses safrans, le
tournevis entre les dents ! Sa grande force, c'est qu'il y croit même quand le quand tout va mal. Sa devise pendant cette course aurait pu être : "envers contre tout". En bref, il mérite un gros
sponsor !


Nico.L 26/11/2009 17:16


Sure qu'elle devait avoir bon gout c'te Caïpi...
Next la route du rhum ?
Viens donc t'entrainer vers Port Camargue histoire de faire du clapot à Vache Qui Rit...
En espérant vous choper sur Etoile pendant les fetes, je vous salue amis du chud.


anne 24/11/2009 13:31


Bravo Francois! On vous attend à Paris avec Barbara pour boire le champagne, on a pleins de choses à fêter!!!!!Gros bisous à tous les deux!